
Thomas Ruyant rempile pour une saison sur le circuit des Figaro Bénéteau 2. Il participera pour la...
Programme 2012 Un petit tour dans la rubrique "course" afin de voir le programme de...
Meilleurs voeux Thomas Ruyant vous souhaite une très bonne année 2012. Le skipper...

La trentaine radieuse !
Sourire à la Jacques Brel, blond, les yeux verts, petit, flamand dunkerquois, Thomas Ruyant s’est fait, en quelques années, une belle place dans le monde de la course au large. Vainqueur de la Transat 6.50 et de la Route du Rhum coup sur coup, ce jeune corsaire nordiste impressionne par sa capacité de résistance en mer, sa pugnacité, son physique, son esprit analytique. Chronologie de sa vie de marin après une saison 2011 riche en enseignements avec notamment une 21ème place sur la Solitaire du Figaro et un abandon en Class 40 sur la Transat Jacques Vabre.
Né à Saint-Pol-sur-Mer le 24 mai 1981, l’enfant est un hyper actif. Seul garçon d’une famille de quatre enfants, il faut que le turbulent s’extériorise. La patinoire est à quelques pas de chez lui à Dunkerque. Il y cherche des crosses dès l’âge de 5 ans et goûte à l’esprit brut de la compétition pendant neuf saisons. Son père et son grand-père, eux, ont toujours fait de la voile, ferraillant parmi une flotte de Dragons alors importante dans la région. Le petit Thomas est donc lancé en Optimist pendant ses vacances. Mais le virus de la mer ne prend pas immédiatement. Il faut attendre les années d’adolescence pour le voir partir seul sur le Laser familial et tirer des bords face à Malo-les-Bains. Son lycée organisant des sorties en Class 8, il commence à apprécier la régate. Les Jeunes Régatiers Dunkerquois deviennent ses nouveaux copains de virée. Il intègre logiquement le Mumm 30 du Défi Jean Bart en 2003 où il admet avoir ramassé des bouées.
Parallèlement, le cursus scolaire de Thomas Ruyant reste classique. Une fois le Bac en poche, il intègre STAPS et après avoir visité quatre universités dont celle de la Réunion, il obtient sa maîtrise en management du sport à Lille. Sa première expérience dans le monde professionnel ne le motive pas véritablement. Se présente alors l’opportunité de préparer le Mumm 30 de Gerry Trentesaux pour le Tour de France à la Voile auquel il participera à quatre reprises sous les couleurs de Courrier Dunkerque. Dans le port de plaisance de la cité nordiste croupissait à l’époque un 6.50. Le 247. Un plan Rogers avec lequel en 2003 Jonathan Mc Kee avait malheureusement démâté 24 h avant l’arrivée de la Mini Transat alors qu’il allait la remporter. C’est le coup de foudre. Convoyeur pour le représentant Jeanneau de la région, il passe tous ses temps libres à remettre le prototype en état avec l’accord de son propriétaire. Les copains, dont Arnaud Vasseur, donnent de larges coups de main. La Mini Transat devient son obsession. Pour cela, le nerf de la guerre reste de trouver des subsides. Grâce à la complicité de son patron, la manne se présente avec l’enthousiasme de Patrice Verley, patron de l’entreprise « Faber France », spécialisée dans les produits de pavoisement. Nous sommes au printemps 2006 et Thomas peut dès lors rembourser ses quelques dettes disséminées à droite et à gauche, mais surtout partir en Méditerranée pour obtenir en deux mois sa qualification pour l’édition 2007 de la Charente-Maritime Bahia. Obtenant une bourse de la région Nord-Pas de Calais, il se présente à La Rochelle avec un mât, des safrans et un bout dehors neufs. Motivé, il le sait, son bateau dont le plan date de 1999 ne se présente pas pour la gagne. Le déroulé de l’épreuve tourne même au pensum, les galères se succédant. Résultat, une 24e place au Brésil.
La frustration disparaît rapidement dès le retour en France. Patrice Verley, toujours aussi passionné lui dit banco pour une nouvelle aventure. Avec l’achat d’un proto compétitif, un plan Thierry Fagnent avec lequel Isabelle Joschke avait gagné la première étape, les résultats s’enchainent en 2008 avec des victoires dans l’Open Demi Clé et la Mini Fastnet. Ses prestations interpellent Jacques Dussart, le président du club Dunkerque Plaisance qui intercède auprès de la Communauté urbaine de Dunkerque pour qu’elle aide Thomas Ruyant. Nouveau coup de foudre réussit puisque le skipper et son coursier empochent de belles victoires avec en apothéose le triomphe de rêve en 2009 dans la baie de Tous-les- Saints. Cadre de l’arrivée à Salvador de Bahia.
Après quatre ans empreints de frustrations et de joie sur le circuit Mini, son bateau vendu Thomas décide donc de tourner la page et se lance rapidement en Class40 en vue de la Route du Rhum La Banque Postale 2010. Il jette son dévolu sur un plan Verdier qu’il loue à Éric Defert. Le bon choix d’un bateau neuf au potentiel incroyable. Il s’élance ainsi de Saint-Malo avec la pancarte de favori. Mais elle ne le dérange toujours pas. Sous les couleurs de Destination Dunkerque, il remporte sans coup férir et en deux ans sa deuxième transatlantique en solitaire. Fait rare, imprimant chez ses adversaires et aînés un respect mâtiné d’inquiétudes.
En 2011, nouveau challenge. Il sait que le circuit Figaro Bénéteau a toujours été un formidable tremplin pour tout prétendant au Graal suprême, une participation au mythique Vendée Globe. Une course ayant bercé ses rêves de navigateur. Pour lui, pas question de se présenter sur la ligne des Sables-d’Olonne uniquement pour faire de la figuration. Pour préparer l’édition 2016, avec de réels moyens, naviguer en Figaro reste la bonne filière. Celle qui permet d’apprendre beaucoup et de se faire une place au soleil si les résultats sont au rendez-vous. Si sa première saison n’a pas été à la hauteur de ce qu’il espérait, il termine entre autres 21e de la Solitaire du Figaro Éric Bompard, Thomas Ruyant se remettra à l’ouvrage l’an prochain avec l’envie de travailler énormément pour progresser, et surtout goûter aux véritable plaisir de son métier.