Bon bord, mauvais bord...

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Toute la problématique de la navigation du jour de Thomas Ruyant dans l’Océan Indien, et de son LinkedOut amputé de son foil bâbord,  pourrait se résumer en cette problématique, performer sur un bord rapprochant, en appui sur le côté le moins efficace du bateau.

 

En empannant cette nuit de nouveau en tribord amure, Thomas ne peut bénéficier de l’extraordinaire réserve de puissance apportée par son foil. Il oriente en revanche son étrave sur la route, affichant ce matin une des VMG (Vitesse de rapprochement au but) la plus élevée de la flotte, quasiment 20 nœuds dans la direction la plus efficace. Les écarts avec ses deux prédécesseurs, Charlie Dalin et le surprenant Louis Burton, très rapide sur une route écourtée au plus près de la limite de la zone d’exclusion des glaces, font le yo yo, au gré des bords plus ou moins rapprochants. Charlie Dalin n’avait, à l’heure du pointage matinal, pas encore empanné vers le Sud Est. Ce sera chose faite à la mi-journée, et les trois protagonistes de tête feront tous route vers l'archipel des Kerguelen, via un vaste contournement de la zone interdite par la direction de course, où évoluent icebergs et growlers. Les trois navigateurs solitaires vont s’accrocher à l’arrière de la dépression qui les a dépassé cette nuit, dans des vents de plus en plus maniables mais sur une mer toujours difficile, agitée par les phénomènes de courant descendus de l’Est Africain.

 

Thomas semble en bonne position pour « couper davantage le fromage » vers la zone des glaces. « On va frôler la nouvelle limite des glaces, loin de Crozet » explique Thomas. « Je suis parti pour un long bord en tribord amure, du "mauvais" côté donc, pour au moins trois jours. J’ai toujours entre 20 et 30 nœuds de vent, sur une mer toujours aussi "dégueu". Je suis en revanche bien poussé par la houle. Je renvoie petit à petit de la toile. Je suis beaucoup moins à l’attaque que Louis (Burton. ndlr). Il ne me surprend pas. C’est un attaquant pur, qui sait aller vite dans les conditions les plus rudes. Je me souviens de la Route du Rhum en 2010 en Class40. Avec un bateau d’ancienne génération, il allait dans les coins les plus "velus" et il m’avait impressionné. Je suis bien désolé par ces histoires d’OFNI qui ont touché Seb (Simon) et Sam (Davies), mais aussi le trimaran Ultim Gitana. Il peut et va encore se passer beaucoup de choses sur ce tour du monde. Je reste prudent, surtout sur mon "mauvais" bord. J’espère que la suite m’offrira l’occasion de lâcher les chevaux avec mon foil valide…. »

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