Thomas fait de la résistance !

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Au mental, à la volonté, à l’énergie, le skipper de LinkedOut Thomas Ruyant fait bien mieux que se défendre à armes inégales face à deux foilers, Maitre Coq (Yannick Bestaven) et Apivia (Charlie Dalin) au meilleur, semble t’il, de leur intégrité technique. Sur le mauvais bord, tribord amure, en appui sur son appendice gauche amputé, le Nordiste a tenu toute la nuit la moyenne la plus élevée de ce trio désormais bien dégagé en tête du Vendée Globe. A 16 noeuds VMG de moyenne ces dernières 24 heures, il a repoussé les assauts du véloce Bestaven, et de nouveau grappillé une belle poignée de milles sur le leader Dalin désormais à quelques 60 milles juste devant lui. Le groupe compact de poursuivants évolue toujours un peu plus loin dans son Ouest, à près de 230 milles. Thomas, à défaut d’attaquer, a dressé les barbelés et se bat pour chaque mille, aux réglages, aux changements judicieux de voiles, à la répartition des poids, aux ballasts, bref, avec ses armes du moment. Le bout du long et frustrant tunnel d’une navigation tronquée s’avance, quand le vent abonné au secteur Sud Ouest va, à partir de demain mardi en soirée, prendre de plus en plus d’Ouest, pour tourner Nord Ouest et offrir, enfin, "at long last", l’opportunité au plan Verdier aux couleurs de la course au changement pour l’inclusion, de basculer sur son foil encore indemne. Sous la Tasmanie, et en route vers la Nouvelle Zélande, c’est un tout autre état d’esprit qui envahira alors le skipper Dunkerquois, en mesure de répondre à armes égales aux assauts de ses adversaires, sur des mers où voici quatre années quasiment jour pour jour, il perdait ses illusions lors de sa première expérience sur le Vendée Globe, quand son Souffle du Nord se désintégrait sous ses pieds. Et si le sort, magnanime, offrait à Thomas une chance de revanche?

 

« Ca va vite, et ce n’est pas si facile, car il y a pas mal de grains encore. On accompagne la dépression, on est dans le ciel de traîne, ça tourne entre 18 et 30 nœuds de vent, il faut être à la régulation pour aller vite. Je reste à proximité des winches et de la colonne. Il y a un anticyclone qui se reforme dans notre nord-ouest, on va faire du sud, on va chercher la bascule de vent au nord-ouest. Je n’en peux plus d’être sur le mauvais bord ! Je suis content de faire de belles moyennes, la mer est formée, j’arrive à m’en sortir même si je sens que le bateau démarre moins vite et demeure moins véloce. J’utilise les ballasts et je charge le bateau en termes de voilure pour tenir la cadence. J’arrive à ne pas me faire décrocher. Je suis dessus, je ne lâche pas, j’essaie de rester dans le paquet, c’est un bon groupe et on va creuser par rapport aux poursuivants.

Il reste encore beaucoup de tribord avant de pouvoir empanner et être sur l’autre bord. Je prends le pli du décalage du jour et de la nuit, je décale mes repas, je vais bientôt déjeuner d’ailleurs ! Le ciel est beau, il y a du bleu et des nuages sombres. Mais le vent varie beaucoup en force et en direction. La nuit, ça caille ! Je mets plusieurs couches de polaires et de pulls et je dors avec une couette. Mon cockpit est fermé donc dans le cockpit et dans le bateau, il fait bon. Nous allons descendre sous les 50eme bientôt, et là ça va cailler sérieusement.

Géographiquement, nous sommes toujours dans l’océan Indien et je suis impatient de doubler la longitude de la Nouvelle-Zélande, d’être dans le Pacifique que je ne connais pas. J’ai eu mon lot de galères, et maintenant tout va bien ! J’espère que dans le Pacifique on aura une houle rangée et de belles glissades. Je savoure maintenant ces journées dans le grand Sud. »

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