Au bon souvenir du Dunkerquois !

Le 16 décembre dernier, alors qu’il glissait sous la Tasmanie, Thomas Ruyant abandonnait la première place du classement à Yannick Bestaven. Le skipper de Maitre Coq s’installait pour un long bail au commandement du Vendée Globe, à peine et très momentanément interrompu par un bref interim signé Apivia. Il s’était, après le passage du Horn, attaché à consolider et à faire fructifier son avance, portée la semaine dernière encore à 445 milles sur LinkedOut.

L’anticyclone de Sainte Hélène version fragmentée a fait le reste, étendant ses calmes de l’Afrique aux côtes Brésiliennes, et imposant avant l’heure aux leaders de l’épreuve, un épisode très semblable au pot au noir, avec ce spectaculaire regroupement de 6 voiliers en une soixantaine de milles, tous soumis à un régime de vents erratiques, et souvent contraires. Yannick Bestaven y a laissé sa couronne de leader, constatant avec une légitime amertume, le débordement en son Est des deux plans Verdier, Apivia et LinkedOut.

 

Thomas Ruyant, magistralement revenu dans le match grâce à son coup gagnant dans l’Ouest des Malouines, et malgré le terrible handicap de l’absence d’aérien en tête de mât, qui l’a longtemps privée de toute information relative à la force et la direction du vent, est parvenu au prix de longues veilles dans son cockpit, commande de pilote et écoutes à la main, à se replacer aux avant-postes. Il s’est appliqué depuis hier à soigner une trajectoire efficace vers le Nord. Son long bord tribord amure le porte ce matin dans le tableau arrière de Dalin, venu comme lui buter dans l’anticyclone, 8 petits milles sous son vent.

 

Les Solitaires survoltés cherchent la porte de sortie de cette zone de hautes pressions qui vient, plus de 43 000 kilomètres après le départ des Sables d’Olonne, redistribuer les cartes et totalement relancer l’issue de la course. Le placement sur l’échiquier du Capricorne est décisif pour aborder avec le meilleur angle possible ces alizés de Sud Est, pour l’heure orientés Nord Est, et qui vont, à partir de ce soir, propulser les leaders vers l’Equateur.

 

Thomas va prolonger ce bord tribord amure qui ne lui est guère favorable. On sait Charlie Dalin lui aussi handicapé à cette allure. Le jeu demeure ainsi ouvert pour les foilers d’ancienne génération, ceux de Louis Burton et Yannick Bestaven, sans oublier l’étonnant Damien Seguin dont le voilier est lui doté de dérives droites, et qui a prouvé sa capacité à tenir le rythme.

 

Nouveau départ, sprint dans l’alizé, incertitude du pot au noir, anticyclone des Açores… qui émergera en vainqueur de ce copieux et trépidant programme ?

Contact presse :

AGENCE TB PRESS
Tanguy Blondel
06 88 45 35 36

© 2019 THOMAS RUYANT