Un final plein de surprises !

Tout à l’étonnement de cet imprévisible et surprenant final du Vendée Globe, Thomas Ruyant se déclare prêt à tous les dénouements. Pas moins de 9 bateaux sont en effet ce matin en mesure de l’emporter au terme des 4 000 derniers milles à parcourir vers Les Sables d’Olonne. Sans compter les décomptes dont bénéficieront trois d’entre eux suite à leurs interventions lors du sauvetage de Kevin Escoffier.

 

Le skipper de LinkedOut, le voilier aux couleurs de la course au changement, s’est fait philosophe impatient. Philosophe car c’est bien depuis l’improbable épisode de l’amputation de son foil bâbord que Thomas anticipait tout en le redoutant le scenario en cours d’établissement au large du Brésil. Impatient, car l’issue si incertaine de la course fait sensiblement monter la pression. La flotte s’est regroupée, et un long bord sur son mauvais côté s’impose à LinkedOut dans l'alizé, probablement jusqu’aux Canaries, ne lui laissant que 20% du parcours pour exprimer tout son potentiel en bâbord amure. Le Nordiste a ravalé sa frustration et se bat avec ses armes du moment. Il a redonné de la précision à sa route en escaladant pour la 6ème fois son mât, où il a consolidé l’installation de ses girouettes, et pu passer une deuxième drisse pour ses voiles d’avant.

 

Ces épées de Damoclès qui le minaient depuis l’entrée en Atlantique sont remisés aux rayons des trop nombreux mauvais souvenirs, et Thomas prend de nouveau plaisir à longer ces côtes Brésiliennes écrasées de chaleur, dans des eaux plus familières puisque correspondants au parcours des Transat Jacques Vabre et autres Mini Transats qu’il connait si bien. Entre hâte d’en terminer et tension de la compétition, Thomas engrange instant après instant l’essence de son métier, de sa vie, la grande course, hauturière et au contact, et toujours en capacité de rêver au meilleur.

« Ce Vendée Globe me semble bien long » avoue Ruyant ce matin. « On entame les derniers sacs de nourriture et les derniers vêtements propres. Dans nos estimations, on devrait, au terme de 66 jours de course, se trouver en approche du final de l’épreuve. Et nous sommes toujours en Atlantique Sud. J’ai connu pas mal de frustrations depuis l’entrée en Atlantique. Certes, je suis bien revenu au contact, mais ces trois jours passés sans aérien ont été terribles. Je naviguais en aveugle, privé d’informations de vent, contraint de demeurer en veille permanente, écoutes et boitier de pilote en mains. Et bien entendu, c’est arrivé quand les conditions étaient propices à la glisse et à la vitesse. C’est un peu l’histoire de ce Vendée Globe. Chaque fois qu’il m’aurait été possible de faire un break, un incident de route m’a ralenti. Je suis donc heureux de pointer ce matin à la troisième place. Je joue aux avant postes, malgré mon bateau handicapé. Je mange mon pain noir, car ce bord dégradé va se prolonger au delà de l’équateur, jusqu’aux Canaries peut-être.

 

Je m’accroche. Je suis plus que jamais sur les réglages, pour tirer la quintessence de la moindre variation d’angle et de force du vent. Je suis entouré de foilers au maximum de leurs potentiels. Je fais de la résistance. C’est une tension permanente, modulée par des circonstances de course redevenues agréables, avec la chaleur et une mer plus calme. Nous en aurons bientôt terminé avec ce près. On sent déjà les leaders accélérer, en capacité de choquer les écoutes. On va accélérer progressivement jusqu’à la latitude de Recifé. On est tous sur la même trajectoire, à vivre les même schémas de course. Le pot au Noir ne devrait pas être un juge de paix aussi catégorique que dans le sens Nord-Sud. On va le franchir plus à l’Ouest. Il semble relativement actif aujourd’hui mais bouge beaucoup. Dans ce Vendée Globe, cela recolle systématiquement par derrière.

 

Le suspens reste entier et le résultat final totalement ouvert et imprévisible. »

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