80 nuances de bleu !

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En un peu plus de 80 jours d’un Vendée Globe haletant, sans le moindre répit, en menace ou sous la menace d’adversaires au plus haut niveau, Thomas Ruyant a tout connu des affres mais aussi des bonheurs de son métier de marin et de coureur au large.

 

10 jours 5 heures et 48 mn pour rejoindre l’Equateur

Il s’élance le 8 novembre dernier avec un schéma simple en tête, partagé par les principaux postulants à la victoire finale, celui de rejoindre le plus vite possible les régimes d’alizés, pour enchainer sans transiger vers les grands systèmes météos du Sud. Il part ainsi pied au plancher, bien décidé à faire valoir la puissance de son foiler dans ces régimes de vent d’Atlantique Nord favorables à la très haute vitesse. La tempête Theta vient un moment perturber les plans de route des solitaires. Thomas y trouve le bon compromis entre route et vitesse. Au sortir du coup de vent, il se porte très vite au commandement de la course, et joue des coudes avec les ténors de la Classe, Alex Thomson, Charlie Dalin ou Kevin Escoffier, tous terriblement affutés et performants dans l’alizé de Nord est. Le  18 novembre au soir, il franchit l’équateur, en dauphin du téméraire Alex Thomson remarquablement sorti vainqueur de son affrontement direct avec la tempête Theta. Thomas a alors trouvé la juste mesure entre attaque et préservation du matériel.

 

515 milles en 24 heures et le début des ennuis

Entré dans les alizés de Sud Est, il sait le moment venu de jouer sa partition. Il lâche la bride de son fabuleux coursier LinkedOut et allonge la foulée. Le 21 novembre, il s’empare de la tête de la course, au prix d’un impressionnant run sur 24 heures de 515 milles, à 21,7 noeuds de moyenne, plus belle progression sur une jourée de toute la flotte de ce vendée Globe. L’anticyclone de Sainte Hélène entr’ouvre son portillon. Las! à l’euphorie  succède brutalement la malchance, et le sort vient additionner les avaries pénalisantes. Thomas doit monter au mât, problème de hook, puis de girouette. Il s’arrête, repart, reprend ses justes prétentions sur la course, mais doit de nouveau stopper son élan, victime cette fois d’une grave avarie sur son foil bâbord. La mort dans l’âme, Thomas doit se résoudre seul et en  haute mer, à scier une important partie de ce fondamental élément propulsif. Il sait qu’il doit dorénavant parcourir les trois quarts restants de son tour du monde avec un véritable handicap. Mais le Dunkerquois veut croire en ses chances, toujours animé de la même envie de jouer devant, de se mêler à toutes les luttes qu’impose cet infernal Vendée Globe qui ne se décante pas, et où bataille aux avant-postes pas moins d’une dizaine de concurrents. 14 heures après le leader Charlie Dalin, c’est de nouveau en deuxième position que le 1er décembre il glisse sous le cap de Bonne Espérance et entre dans l’Indien.

Deuxième à Leuwin !

L’Indien, cet océan de tous les dangers où voici 4 ans il voyait son voilier Le Souffle du Nord se désagréger sous ses pieds. Thomas y livre un combat épique, cherchant toujours, trouvant souvent les solutions pour palier à son manque de puissance chaque fois que le vent souffle sur la droite du bateau, c’est à dire la majeur partie du temps sur cet océan bien peu conforme à sa légende, parsemé de bulles anticycloniques qui freinent les leaders et favorisent tous les regroupements. 12 jours après Bonne Espérance, Thomas salue le deuxième grand cap du Tour du monde, Leuwin au Sud Ouest du continent Australien, toujours en deuxième position, à moins de 4 heures du leader. Le Pacifique se présente sous un jour très inhabituel, avec ses trains de dépressions circulant du Nord vers le Sud, et non de l’Ouest vers l’Est. Il favorise ainsi les retardataires, qui se voient offrir de belles trajectoires bien tendues et très efficaces, quand les deux leader, Thomas et Charlie, ne font que buter dans les dorsales et enchainer les bords pénalisants en quête de vents portants. Les écarts diminuent, les poursuivants deviennent poursuivis et glissent le long de la Zone d’Exclusion Antactique, rapides et efficaces à l’image d’un Louis Burton. Premier à merveilleusement tirer son épingle du jeu, Yannick Bestaven franchit en tête le cap Horn un samedi 2 janvier.

 

Cap Hornier !

Une journée et 10 heures plus tard, c’est au tour de Thomas de connaitre un moment de grâce, sous le soleil dans le canal de Le Maire, après avoir franchi en troisième position le premier cap Horn de sa carrière. Mais l’Atlantique, avec ses versants Nord et Sud à remonter est là. Thomas le redoute, sachant pertinemment que les régimes d’alizés souffleront majoritairement sur tribord, l‘obligeant à s’appuyer sur son foil amputé et terriblement pénalisant. Il s’accroche, souvent impuissant face à l’efficacité des foilers au meilleur de leur condition. Le 16 janvier, LinkedOut fait son retour dans l’hémisphère Nord, après 69 jours, 9 heures et 46 minutes d’une lutte de tous les instants. Thomas est 4ème, et continue de ferrailler, un bras lié dans le dos, avec les meilleurs bretteurs de ce Vendée Globe. La 4ème place lui était destinée. Elle couronne une course disputée avec passion pour figurer en permanence en haut du tableau. A aucun moment, Thomas n’aura abdiqué ni cessé de croire en ses chances.

 

Arrivée Jeudi 28 janvier 2020 à 5 heures 42

Temps de course : 80 jours, 15 heures, 22 minutes et 01 sec.

24 365,7 milles parcourus à 12,6 nœuds sur l’orthodromie

29 175,5 milles à 15,1 nœuds sur le fond.

Classement : 4ème sur la ligne, 6ème après les bonifications octroyées à Boris Herrmann et Jean Le Cam.

Contact presse :

AGENCE TB PRESS
Tanguy Blondel
06 88 45 35 36