Délivrés ! Libérés !

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Durant deux jours et demi, depuis le départ dimanche dernier du Havre, la flotte de la Transat Jacques Vabre s’est perdue en références maritimes diverses, confrontée à une situation météorologique totalement inhabituelle pour cette période de l’année. On a ainsi entendu les coureurs évoquer pêle-mêle une étape du Tour de Bretagne, la Solitaire du Figaro, et le pot au Noir, pour décrire cet stupéfiant épisode de rase cailloux dans les courants Normands et Bretons, sous un ciel anthracite et sur une mer qu’aucune risée ne venait effleurer. Ce n’est qu’hier en fin d’après-midi que le flux d'Est tant attendu en bordure Sud de l’anticyclone est venu enfin mettre un peu de pression dans les voiles jusqu’alors vainement déployées des protagonistes de tête, toutes classes confondues de la Transat.

 

Ce sont les concurrents les plus au Sud, à hauteur de l’estuaire de la Gironde qui les premiers ont commencé à se déhaler, entrant très vite dans ce régime de haute vitesse si longtemps espéré. Apivia (Dalin-Meilhat) fut ainsi le premier à s’élancer, cap sur la pointe occidentale de l’Espagne à plus de 20 nœuds. De quoi rapidement engranger quelques écarts avec ses poursuivants, au premier rang desquels on trouvait en milieu de nuit un LinkedOut aux prises avec Initiatives Cœur de Sam Davies et Nico Lunven. On imagine la jubilation du duo Thomas Ruyant-Morgan Lagravière enfin en capacité de solliciter leur plan Verdier. A plus de 20 nœuds toute la nuit, le duo se jetait en direction du Cap Ortegal au nord de la Galice, à la poursuite d’un Apivia alors pointé à plus de 40 milles. Le duel de vitesse avec Initiatives Cœur tournait à l’avantage de LinkedOut.

Avec le lever du jour, Thomas et Morgan vont pouvoir aborder avec lucidité la négociation du Cap Finisterre, son DST, son trafic et ses effets de pointe, et l’accélération du vent sous les falaises. Un lieu que les deux hommes connaissent bien, l’ayant récemment, lors du Tour de l’Europe, bien négocié. Avec la tête de course première à se trouver favorisée par l’arrivée du vent, la flotte s’est naturellement étirée et c’est en classe Imoca que l’on enregistre les écarts les plus importants entre les leaders et la queue du peloton, pointée ce matin à près de 260 milles. L’élastique des écarts continue de s’étirer par devant, et une première scission apparait dans le peloton, au delà de la sixième place occupée par Arkea-Paprec (Simon-Eliès).

 

Si les toutes prochaines heures s’annoncent toujours aussi rapides pour la tête de course, c’est un flux de Nord le long du Portugal que les duos vont devoir apprivoiser à grands coups d’empannages favorables à de nouvelles compressions. Pour l’heure, et au terme du troisième jour de course, on peut enfin annoncer que la Transat Jacques Vabre 15ème du nom est bel et bien lancée.

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AGENCE TB PRESS
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Photos Pierre Bouras