Le chas de l’aiguille

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Centré à quelques 700 milles dans le Sud Ouest de l’archipel des Açores, l’anticyclone qui porte le nom de ces îles portugaises, prolongé en son Est par une longue dorsale alanguie jusqu’aux rivages marocains, constitue le morceau de bravoure de la journée des solitaires de la Classe Imoca.

Les trois terribles fronts traversés depuis l’entrée en Atlantique ont certes laissé ici et là leur lot de tracas techniques, mais c’est bien à un véritable tournant de la course auquel les marins sont confrontés, tant la quête des alizés par le contournement oriental de ces hautes pressions est semée d’embûches et de traquenards déventés, en capacité de bouleverser l’ordre quelque peu immuable du classement général provisoire des leaders.

En tête de course Apivia s’est doté d’un petit matelas d’avance suffisant pour lui permettre de tracer sa route dans une relative sérénité. Dans son sillage, ils sont 6 voiliers à foils armés et décidés à jouer crânement leur chance et à exploiter toute route malencontreuse suivie par leurs adversaires. 50 petits milles séparent en effet ce matin le dauphin Jérémie Beyou de l’étonnante navigatrice Suisse Justine Mettraux, 6ème. Dans les ralentissements à venir, ces écarts fonderont comme Appenzeller en marmite, et la chance  (ou malchance) aidant, l’ordre d’entrée dans les alizés pourrait s’en trouver bouleversé.

Thomas Ruyant s’y prépare. Il a, comme ses petits camarades de jeu, fait tourner ses routages. Tous ces marins, à l’exception du leader peut-être, espèrent que la journée réservera surprises et coups à jouer. Ce sont les derniers paris stratégiques avant la longue glissade dans l’alizé où certes, le positionnement et les angles au vent seront déterminants, mais qui constituera pour l’essentiel un sprint de vitesse peu créateur d’écarts significatifs avant la grande roulette du contournement de la Guadeloupe, une échéance envisagée pour lundi prochain.

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