Ca se complique!

Passé en tête à la marque la plus septentrionale de la course, la COI-Unesco placée par 62 degrés de latitude Nord, Thomas Ruyant est depuis soumis à un régime d’alternance d’accélérations et de forts ralentissements usant pour les nerfs. L’ensemble de la tête de la flotte connait, chacun à tour de rôle , des poussées subites du vent, qui propulsent leur Imoca à près de 20 nœuds, suivies de brutales décélérations qui voient en quelques minutes leur speedomètre ne plus afficher qu’une poignée de nœuds. Ce petit jeu a beaucoup défavorisé LinkedOut, peu gâté en début nuit par Éole. Le voilier porteur des valeurs de l’inclusion a connu son heure lyrique en milieu de nuit avec de belles pointes à plus de 20 nœuds. L’aube a coïncidé avec les premiers ressentis des effets de la vaste zone anticyclonique qui s’étale devant les étraves des protagonistes de la Vendée-Arctique-Les Sables. Le vent tourne au Sud Ouest, et c’est au louvoyage que les solitaires placés, à l’instar de Thomas, à l’Ouest de la flotte, vont négocier les prochaines heures dans un vent faiblissant. Le décalage effectué dans l’Est par les « chasseurs d’hier » emmenés ce matin par Boris Herrmann (SeaExplorer - Yacht Club de Monaco) semble en mesure de leur offrir un peu plus d’air un peu plus longtemps. On le voit, à 1 300 milles de l’arrivée, la course est totalement relancée, avec 8 bateaux regroupés en moins de 25 milles.

© 2019 THOMAS RUYANT