Nouveau regroupement, nouveau départ.

LinkedOut 3ème à la marque « Gallimard »

Cette première édition de la Vendée-Arctique-Les Sables restera incontestablement dans les mémoires pour son intensité, et pour son incertitude permanente. Alors que Charlie Dalin (Apivia), enroulait le premier la marque de passage dite Gallimard, située à 550 milles dans l’Ouest des Sables d’Olonne, il pouvait à l’oeil nu apprécier similaire manœuvre chez ses deux concurrents immédiats, Jérémie Beyou (Charal) et Thomas Ruyant (LinkedOut) revenus au contact disputer le sprint final vers la Vendée. Un sprint qu’au moins deux autres Imoca sont parfaitement en mesure d’intégrer, PRB à Kevin Escoffier et Initiatives-Cœur de Samantha Davies, respectivement pointés à 9 et 14 milles du trio de tête. Un scénario « Intéressant jusqu’au bout » selon Thomas Ruyant, qui s’est préparé toute la nuit dernière à la subtile négociation du retour vers l’arrivée dans de tout petits airs, en accumulant les tranches de sommeil réparateur.

 

« Il y aura beaucoup de choses à faire sur cette fin de parcours » racontait-il ce matin à la vacation. « Il va falloir aller chercher le bon angle. Le vent tourne, il faut soigner ses trajectoires. Ça peut se faire assez naturellement mais ça ne sera pas une route directe vers les Sables d’Olonne. Il y aura des choses à aller jouer. On va pouvoir sortir des voiles qu’on n’a pas encore sorties depuis le départ (spi et grand gennaker). Depuis le début on a fait du près, du reaching, du portant dans la brise et il nous manquait ce portant dans les petits airs. On aura sorti toute la garde-robe ! » Reposé par belles tranches de 20 minutes durant trois heures cette nuit, Ruyant, le navigateur – ambassadeur de LinkedOut, le réseau professionnel de ceux qui en n’ont pas, aborde en sérénité et lucidité le dernier tronçon d’une course riche en enseignements sur lui-même et sur la manière de vivre son bateau. « On se retrouve en plein milieu de la dorsale donc il y a pas mal de stratégie à faire pour ressortir de là et faire route vers Les Sables d’Olonne. Ca va être intéressant jusqu’au bout. Ça va aussi me permettre d’avoir encore des choses à faire et à jouer. »

 

Le skipper LinkedOut privilégie plus que jamais la bonne gestion technique et stratégique de sa course. « C’est une course qui est pleine d’enseignements pour moi » avoue- t’il. « Pour que le bateau avance bien, il faut quand même pas mal de vent. Les phases de transitions et les petits airs ne sont pas spécialement le point fort avec la configuration de voiles que j’ai. Dans la grosse brise, je n’ai pas encore trouvé les bonnes manettes du bateau. » Reste le marin, et sa soif de compétition qui l’a propulsé à maintes reprises en tête de la flotte, premier à franchir jeudi dernier la marque COI - Unesco. Dans cette épreuve de type Figaro XXL, Thomas s’est montré inspiré et accrocheur en diable, capable des retours les plus spectaculaires, quitte, parfois, à se « mettre dans le rouge ». « La gestion du sommeil est une des clés de la course au large. C’est une chose sur laquelle je suis à l’aise et que je continue à travailler. Mais c’est vrai qu’il est dur de lâcher prise, et encore plus sur ces bateaux là, pour aller trouver du sommeil réparateur. Sur cette course je me suis équipé de capteurs pour analyser cela et je suis bien curieux d’avoir la conclusion car je pense ne pas avoir assez dormi. »

 

C’est donc au cœur d’une dorsale anticyclonique que se dispute le sprint final vers l’arrivée aux Sables d’Olonne. Une arrivée estimée en milieu de nuit de mardi à mercredi. D’ici là, les 5 protagonistes en mesure d’envisager la victoire, vont tenter de s’ébattre dans un petit flux de Nord Ouest à Nord. L’occasion de sortir toute la toile disponible à bord et se soigner sa glisse sur un mer parfaitement plate. Avec 2 800 milles déjà parcourus sur le fond à 13,2 nœuds de moyenne, vitesse moyenne la plus élevée de la flotte, Thomas doit puiser encore plus loin la force et l’inspiration pour conclure, de la plus belle manière possible, une épreuve de tous les tests et de tous les apprentissages avant le Vendée Globe.

© 2019 THOMAS RUYANT