Thomas Ruyant « Le Vendée Globe, un partage de passions ! »

Thomas Ruyant promène depuis vendredi dernier sa fine silhouette d’athlète acéré sur les pontons du Vendée Globe. Le sourire masqué transparait dans son regard vert azur. Thomas est heureux et ça se voit. Le skipper de LinkedOut a donné corps, âme et force à son incroyable défi lancé au destin il y a quatre ans, loin, du côté tempétueux de la Nouvelle Zélande, à bord de son Imoca Le Souffle du Nord disloqué. Oui ! Il reviendrait sur ce Vendée Globe, plus fort, mieux armé, plus ambitieux que jamais. Alors Thomas mesure le chemin parcouru, l’effort investi par ses équipes de TR Racing, la créativité, l’ingéniosité débordante inoculées à sa monture, l’engagement puissant de ses partenaires, LinkedOut, généreusement substitué à Advens. Son engagement a du sens. Son aventure porte des espoirs. Sa mission est limpide. La force du projet l’habite, nourrissant son appétit de mer, de solitude océane et de compétition.

Une belle fête, malgré tout…

« 
J’ai l’impression depuis l’ouverture du village samedi dernier d’être complètement dans mon Vendée Globe. Il y a du monde, certes masqué, mais l’affluence est au rendez-vous, dans la jauge de 5 000 personnes. Tous les bateaux sont là, tout le petit monde de la course au large est présent. C’est une belle fête que j’apprécie beaucoup, ce village, cette foule, ces médias. Trois semaines d’attente avant le départ, c’est long, avec beaucoup de sollicitations. Les deux dernières semaines seront plus « cool », avec, en ce qui me concerne une dernière semaine confinée en famille, avec les enfants. J’en profiterai à fond. On ne me verra pas sur le village et je serai moins fatigué en arrivant sur le départ. J’ai d’excellents souvenirs de la dernière semaine il y a 4 ans, avec ces moments uniques vécus avec les supporters, les amis, les partenaires. C’est un vrai partage entre passionnés. La descente du chenal, annoncée plus clairsemée, m’attriste. Il y a quatre ans, on s’est pris dans la « tronche » un tel déferlement d’amour et de passion ! Une chose unique pour nous marins. Cela n’arrive qu’un seule fois dans une vie, ou 3 ou 4 pour Jean Le Cam (Rires). Les navigateurs ne connaissent pas l’ambiance de stades combles tous les week-ends. Pour nous, c’est le départ du Vendée Globe tous les 4 ans qui apporte cette ferveur populaire. Cette année, on aura 9 000 personnes, c’est un peu décevant, un peu dommage. »

Rester amariné


« On va naviguer une fois cette semaine, sans objectif particulier autre que d’être sur l’eau, et vérifier deux ou trois choses… Je ne veux pas perdre la main. Je connais mes concurrents. Je sais que cela va partir vite sur première partie de la course. Je ne veux pas me faire surprendre par une trop longue mise en train, par un amarinage difficile, par une trop lente reprise de repères. Trois semaines sur le village, c’est long et il faut naviguer pour garder le rythme et ne pas perdre le pied marin. »

Au point physiquement et techniquement


« On s’attend tous à une grosse émotion au départ. La meilleure façon de me préparer psychologiquement est de savoir que mon bateau est ultra prêt, qu’on a tout fait pour être au point physiquement et techniquement, qu’on a rien oublié pour relever cet énorme défi. Le bateau ne cesse de progresser. Cela ne finit jamais. On a plein d’idées pour aller encore plus vite. C’est passionnant. Mais à date d’aujourd’hui, après plus de 15 000 milles navigués, j’ai le sentiment d’avoir passé à bord de LinkedOut le temps nécessaire pour me sentir bien. »

LinkedOut, le petit supplément d’âme

« Nous portons un message important, celui de l’inclusion, de la course au changement du regard des autres sur les exclus de notre société. Porter ce type de valeurs a une signification pour moi. Un Vendée Globe peut se jouer à pas grand chose, et cette cause que je porte peut être le petit supplément d’âme pour aller plus loin dans l’engagement, face à la difficulté. Ma carrière est marquée par des rencontres humaines très fortes, je pense à Alexandre (Fayeulle- Pdg d’Advens) bien sûr mais il y a aussi Patrice Verley avec Faber France (Victoire dans la Mini 6,50 2009), toute l’équipe du Souffle du Nord avec Frédérique Bedos. Alexandre est un homme rare, capable de porter notre projet et de l’offrir à une superbe cause, celle de LinkedOut. »

Je le dois à mon équipe !

« Je fais partie de la course mais j’ai plaisir à me balader sur le ponton, à regarder des bateaux plus anciens comme celui d’Ari (Huselaa- Stark), ou futuriste comme celui d’Alex (Thomson - Hugo Boss). On est dans la Mecque de la voile océanique. 33 Imocas préparés aux petits oignons. Cette édition du Vendée Globe constitue un basculement dans une autre dimension, celle du vol et de la très haute vitesse. Il y aura clairement deux courses dans la course, intergénérationnelles. J’ai les atouts pour jouer dans le haut du premier panier. Je me dois à mon équipe qui a tout fait pour me porter au plus haut niveau. J’ai les moyens de jouer devant. Je suis bien en mer, sur la durée. C’est un de mes atouts.  Un tour du monde, ce n’est pas anodin… »

Photos Pierre Bouras

 

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