Retour sur un Vendée Globe 2016 de toutes, vraiment toutes les expériences :

Retour sur un Vendée Globe 2016 de toutes, vraiment toutes les expériences :

Le premier Vendée Globe de Thomas Ruyant s’est arrêté à mi-parcours, au sud de la Nouvelle Zélande fin décembre 2016. Une infortune de mer, imprévisible, imparable, a brutalement, violemment, mis fin aux rêves du skipper du Souffle du Nord pour le projet Imagine. La course, la compétition, l’aventure, ont en quelques secondes, basculé dans un cauchemardesque épisode de survie. Avec un sang froid et une maitrise étonnante, Thomas est parvenu à maintenir à flot sur plus de 220 milles un voilier en train de se disloquer sous ses pieds. Sonné, incrédule, Thomas a réussi à ramener  à bon port son bateau  coupé en deux , évitant un démâtage annoncé et un sauvetage en haute mer.

Durant 44 jours seul en mer, Ruyant s’est affirmé comme un marin complet, un compétiteur acharné, et un homme attachant, simple, honnête, à l’image des humbles héros du Projet Imagine dont il a, avec fierté, porté les couleurs de l’Atlantique au Pacifique. La voile de haut niveau et à l’échelle planétaire est cruelle, et à la désillusion de l’abandon, Thomas a dû immédiatement substituer l’instinct de survie, le réflexe animal qui pousse l’homme, le marin dans ses retranchements.

« Soudain est survenu ce choc, énorme, qui m’a projeté en plein sommeil sur le pied de mât. Les dégâts me sont apparus immédiatement dans toute leur épouvantable ampleur. Mais ce n’était que les prémices de ce qui m’attendait les heures suivantes. Naviguer avec un bateau brisé, en passe de se désintégrer est traumatisant. Je m’y suis attelé, soutenu par l’idée que je n’étais pas loin des secours. Il me suffisait d’appuyer sur le bouton de ma balise, et l’hélicoptère serait apparu. Mais je ne pouvais me résoudre à abandonner le bateau. Il fallait que je le ramène. J’ai vite vu qu’un énorme coup de vent descendait sur moi. J’ai entamé une course contre la montre, contre la dégradation de mon bateau, et contre l’arrivée de la tempête. J’étais à la cape, à sec de toile, et je me suis rendu compte qu’à cette vitesse, la tempête serait vite sur moi et que mon bateau ne résisterait pas. J’ai renvoyé de la toile, en serrant les fesses car mon gréement était mou. Je risquais le démâtage. Je ne pouvais reprendre de la bastaque au risque de plier davantage le bateau. Le vent est rentré, vite et fort. Avant que je ne comprenne, j’avais 50 nœuds. Mon bateau est parti au lof, car mon système de barre était endommagé. J’avais la balise dans les mains, et j’ai été souvent à quelques millimètres de déclencher l’alerte. Le bateau s’est remis droit à 90 degré du vent. Je suis parti au reaching à plus de 15 nœuds de vitesse, avec l’avant du bateau plein d’eau. Puis, en arrivant sous les côtes de la Nouvelle Zélande, le vent a molli progressivement, 30, puis 20, puis 15 nœuds. J’ai su que c’était gagné. J’ai respiré, j’ai ouvert les yeux et là, comme un signe venu d’ailleurs, le soleil s’est couché derrière les montagnes Néo Zélandaises. Quel cadeau! Un albatros est apparu. Je me suis assis et j’ai appelé ma femme. »

Contact presse :

AGENCE TB PRESS
Tanguy Blondel
06 88 45 35 36

© 2019 THOMAS RUYANT