Une carène futuriste signée Verdier

«Une nouvelle ère a débuté avec ces nouveaux foïlers qui révolutionnent véritablement la manière d’appréhender la navigation en monocoque. » Thomas Ruyant  évolue désormais dans une toute nouvelle dimension, jamais jusqu'alors appréhendé par les marins de course au large. Son prototype Imoca LinkedOut s’inscrit dans la vision futuriste de machines destinées à échapper le plus souvent possible à la trainée et à l’élément liquide, en appui sur d’immenses foïls. La genèse du projet a pris racine voici deux ans avec l’opportunité proposée par l’architecte Guillaume Verdier d’utiliser et de profiter des études poussées réalisées par son cabinet en réponse à l’appel d’offre lancé par la Classe Volvo pour la création d’un Open Sixty. "Fort intelligemment, Guillaume a adapté ses plans et ses études à nos désirs d’Imoca" explique Laurent Bourguès, directeur de projet chez TR Racing et vieux complice de Thomas. " Nous avons pu profiter des moules pour lancer dès octobre 2018 la stratification de la coque. Nos réflexions par rapport au projet Open Sixty ont porté sur une modification de la forme de la carène à l’avant du bateau et sur l’abaissement du centre de gravité du voilier pour plus de stabilité, d’où ce pont en forme d’aile de mouette, ou de bassine."

Le résultat est un foïler véritable, et non pas un Imoca à foïls, comme les voiliers apparus depuis 2015. « On a créé un bateau fougueux et oui, violent ! » avoue Ruyant.

Lignes tendues, centre de gravité rabaissé, plan de voilure reculé et typé "multicoque", bas de franc bord avec ce pont "en bassine", LinkedOut ne présente pourtant pas la carène la plus extrême. "Le bateau est innovant sur de nombreux aspects et tout n’est pas issu de Guillaume Verdier. Il y a eu aussi un gros travail de notre bureau d’études, qui a apporté son vécu propre et son expérience, combinés à mes envies." poursuit Thomas.

"Je souhaite encore voir la mer quand je navigue et je n’ai pas opté pour un cockpit totalement fermé. J’ai préféré ajouter un hublot qui me permet d’observer l’avant du bateau tout en effectuant mes manœuvres." Les manœuvres, un des mots clé dans la réflexion sophistiquée du skipper nordiste.

« Ces bateaux sont terriblement exigeants, et nous avons beaucoup réfléchi à comment nous faciliter le travail, en ramenant toutes les manoeuvres vers une colonne centrale par exemple. Ceci limite également les frictions et donc l’usure du matériel. »

Carène moins extrême, robustesse des systèmes, ergonomie pensée pour Thomas, avec ce poste de veille « dos à la route », c’est bien du côté des foïls et du plan de voilure que TR Racing a joué la carte des choix les plus extrêmes.

"Nous avons musclé la coque, en renforçant les zones autour des foils, et en optant pour ce pont en bassine qui apporte de la rigidité.  Cela nous autorise à voir plus grand en matière de foils qui sont vraiment immenses." Et cette orientation a été indissociable d’une profonde réflexion menée conjointement avec Antoine Koch autour du plan de voilure. "Celui-ci est très reculé." explique Thomas. "Il est surtout très inspiré des multicoques, puisque nous allons naviguer à des vitesses proches de celles des voiliers à plusieurs coques. Nos outriggers limitent habituellement le réglage de nos voiles d’avant. Nous les avons voulu plus petites et plus plates, mieux adaptées aux angles que nous serons amenés à choisir en appui sur nos foils…"

Photos : Pierre Bouras

 

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