Vitesse, vitesse

C’est à une véritable course de dragsters que l’on assiste en ce 8ème jour dans le Vendée Globe, au large des îles du Cap Vert. Les principaux protagonistes de la course rivalisent de performances, bien calés dans l’alizé de Nord Est qui alimente généreusement et  depuis hier les grandes voiles de portant en pression constante et bien orientée. 

Après une pleine semaine toute en stratégie, positionnement sur le plan d’eau et, avouons-le, prudence et circonspection, les solitaires de tête se font plaisir et lâchent les chevaux.  Les performances s’envolent et Thomas Ruyant, à près de 20 nœuds de moyenne sur le fond, vient d’engranger 489,4 milles, avalés en 24 heures, plus grande distance parcourue de toute la flotte… Il reprend ainsi régulièrement et ostensiblement des milles à son prédécesseur immédiat, l’étonnant Jean Le Cam et son Imoca à dérives droites, non pourvu de foils, l’arme suprême dans les conditions du jour. « Ca va vite, c’est sauvage » décrit Thomas. « On a des conditions idéales depuis 48 heures, et on en profite. Je vais bien, je suis reposé. On reprend régulièrement sur Jean Le Cam. Entre Charlie (Dalin) et Alex (Thomson), c’est un peu le status quo, car on va à peu près à la même vitesse… »

 

Si le classement en distance au but place encore ce matin LinkedOut à 35 milles du dauphin de l’irrésistible leader Alex Thomson (Hugo Boss), le décalage en latitude entre le Roi Jean et le skipper Dunkerquois n’est plus que d’une douzaine de milles. Le décalage latérale en longitude est lui plus conséquent, dépassant les 70 milles, et d'importance dans l’optique du prochain morceau de bravoure qui occupe certainement les esprits des leaders, à savoir  le franchissement du pot au noir, d’apparence et pour l’heure relativement étroit cette saison, et qui se profile à moins de 2 jours de marche des leaders.

Cette zone de grande instabilité météorologique entre les deux hémisphères, aussi appelée Zone de Convergence Intertropicale, est souvent moins étalée dans l’ouest que dans l’Est, d'où l’intérêt du placement et de la trajectoire actuelle de LinkedOut.

Thomas Ruyant  va sillonner ce matin les eaux familières pour lui de l’Ouest Cap Verdien. On se souvient qu’il avait l’an passé, à la même époque, ramené depuis Salvador de Bahia, seul et pour la première fois, son beau plan Verdier au retour de la Transat Jacques Vabre jusqu’à Mindelo, sur l’île cap verdienne de Sao Vicente. Un an plus tard, il croise à toute allure dans les mêmes parages, cette fois concentré sur la poursuite effrénée du leader du Vendée Globe Alex Thomson. Le Britannique a réalisé sans aucun doute le premier coup magistral de cette 9ème édition du Tour du monde en solitaire, en traversant crânement le centre de la tempête tropical Theta, quand tous ses adversaires en faisaient précautionneusement le tour. Ressorti avec plus de 100milles d’avance sur Thomas, il n’a fait depuis que bonifier son avantage, repoussant ce matin Le Cam à plus de 85 milles. Thomas a résolument emboité le pas et le rythme du Britannique, 120 milles en son Sud, et s’attache à réduire, mille après mille l’écart avant l’instant toujours hasardeux et rempli d’incertitude du franchissement du pot au noir, souvent synonyme de compression des écarts, et de roulette russe pour certains…

Vidéo : Thomas Ruyant 

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