La palme aux dérives classiques

Le petit parcours dit « spectacle » proposé aux 59 postulants de la 14ème édition de la Transat Jacques Vabre, entre Le Havre et l’aiguille d’Etretat, n’a guère souri aux foilers « intégraux » de l’épreuve, ces 5 voiliers futuristes de la dernière génération de la classe Imoca. Le temps médium, soit une petite quinzaine de noeuds de Nord Est allant faiblissant au plus près des falaises de la côte d’albâtre, s’est ligué  au courant contraire pour gommer l’avantage attendu des grands foils, et donner aux voiliers à dérive classique l’occasion de briller.

Kévin Escoffier et Nicolas Lunven (PRB) dotés de foils de la première génération, suivis de très près par Jean Le Cam et Nicolas Toussel (Corum), puis de Clarisse Cremer et Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), ont damé dans cet ordre le pion aux foilers de la dernière génération. Seul Apivia  au duo Dalin -Eliès est parvenu à revenir très vite dans le match passée la bouée d’Etretat. Thomas Ruyant et Antoine Koch (Advens for Cybersecurity) enroulaient la marque mouillée à quelques encablures de la plage avec un  petit quart d’heure de retard. En s’éloignant des côtes, tribord amure dans un vent de Nord Est appelé à prendre du coffre avec l’avancée du jour, les deux hommes s’installaient progressivement dans leur course, grappillant avec une belle régularité des places pour se hisser en un court laps de temps de la 18ème à la 10ème place. Les conditions vont au fil des milles prendre une tournure plus favorable à leur foiler et la traversée expresse de la Baie de Seine vers la pointe du Cotentin devrait leur permettre d’améliorer encore leur position.

© 2019 THOMAS RUYANT