Des Jeux pas encore faits !

L’Atlantique Nord n’a, au terme de 5 jours de course, pas encore totalement livré son verdict dans la querelle qui oppose depuis la sortie de Manche lundi matin les partisans de l’option Ouest à leurs collègues sudistes. L’anticyclone alangui entre Madère et Gibraltar n’a pas véritablement joué le rôle de garde barrière qu’on lui prêtait, et l’on constate depuis hier que tous les concurrents ayant opté pour une descente vers le sud au plus près de la péninsule ibérique, n'ont guère eu à souffrir des affres de pétole et autres « arrêts au stand » qu’on leur promettait.

En revanche, les téméraires partis, à l’image d’un Hugo Boss, puis un peu plus tard, quelque peu contraint par le retard accumulé suite à son arrêt au stand Cherbourgeois, par Advens for Cybversecurity, n’ont pas totalement trouvé les conditions propices à débouler loin dans l’ouest dans du vent fort comme espéré. Ils redescendent depuis à une allure inconfortable sur une mer difficile, mais à des vitesses loins de celles expérimentées depuis hier soir dans l’alizé Canarien par les leaders de la course.

Ceux-ci, dans le sillage du duo Charal (Beyou - Pratt) et Apivia (Dalin- Eliès) se voient contraint de tirer des bords de portant, le vent de Nord Est soufflant trop exactement dans l’arrière de leurs foilers. C’est là peut-être que réside l’espoir des « occidentaux » qui, bien calés sur une seul amure tribord, peuvent en jouant sur les oscillations du vent, miser sur un gain maximum en route désormais directe, et faire enfin fructifier leur important décalage en longitude ouest. Moins extrême dans son positionnement sous le vent des cinq mousquetaires de l’ouest (Maitre Coq, Malizia, Bureau Vallée, Hugo Boss et Prysmian Group), Thomas Ruyant et Antoine Koch peuvent aujourd’hui espérer une négociation moins pénible de cette fameuse dorsale qui a bien tardé à s’évacuer vers l’Est et qui va les bloquer dans leur quête d’alizé. 16ème ce matin à 297 milles du leader, Advens for Cybersecurity devrait continuer d’accélérer à l’approche de la dorsale, profitant d’une mer enfin aplanie….

© 2019 THOMAS RUYANT