Thomas Ruyant avec Advens et la Fondation de la Mer sur la Solitaire Urgo Le Figaro 2019

Retour sur l'étape 1: Pornichet - Kinsale (Irlande)

Les impressions du navigateur Advens Fondation de la Mer Région Hauts-de-France après ce premier acte de la La Solitaire URGO Le Figaro.

Une étape surprenante

« Nous avons vécu une étape de folie. Qui aurait prédit un scénario comme celui-là ? Le niveau est très homogène et très élevé. J’ai montré de belles choses mais cela n’a pas suffi. J’ai manqué de réussite sur la fin. Je vais essayer de ne pas trop ruminer avant le départ de la deuxième étape et me concentrer sur mon repos car physiquement, je suis fatigué et notre moral a fait le « yoyo » tout au long de ces derniers jours. J’avais tablé sur quatre jours de course, je n’avais plus de nourriture hier. Le classement général est cuit pour moi. Je vais me donner d’autres objectifs. » 

Tension au départ

« Dimanche, j’étais assez tendu et j’ai pris un mauvais départ ! Je reviens un peu dans le paquet de tête lors de la première nuit mais pas aux avant-postes. J’ai mis un peu de temps à rentrer dans ma Solitaire. »

Une option calculée

« Avant le départ, j’avais beaucoup travaillé la météo. Nous attendions une bascule du vent à droite après Port Bourgenay et du vent fort à l’Ouest avec la dépression. J’ai donc décidé d’y aller franchement. Je ne voyais pas la dorsale aussi Nord. Du coup, je suis rentré un peu de trop dedans mais je croyais en moi et puis nous n’avons pas beaucoup d’indications sur les autres sur la Solitaire Urgo Le Figaro, seulement la distance au but. Quand j’ai reçu le classement et que j’étais 45ème, je n’étais pas vraiment confiant mais je savais que j’allais revenir. »

La remontada de mardi

« J’étais donc au vent de la flotte. Le vent est rentré comme prévu. J’ai alors accéléré sous grand spi d’abord puis sous gennaker à 17, 18 nœuds collé à la barre. Je bombardais, cap sur le DST d’Ouessant. En milieu d’après-midi, j’apprends que je suis 15ème à 3,5 milles du leader. Quelle joie ! Et puis je reviens vraiment au contact avec des concurrents à vue. Et puis, je passe en tête ! C’est toujours plus facile quand tu mènes. J’ai alors marqué mes adversaires et je n’avais pas le choix de passer à l’Ouest du DST, j’étais déjà naturellement Ouest depuis le début. »

A en perdre son latin

« Après Ouessant, nous sommes plusieurs à garder de l’Ouest dans notre route. Cela semblait logique. Le vent bascule dans notre sens d’ailleurs. La situation se corse franchement ensuite en Manche et surtout en mer Celtique ou tout a été très aléatoire. Il y avait beaucoup d’activité dans le ciel, des grains imprévisibles et même des grêlons ! Certains concurrents touchaient du vent alors qu’ils étaient à quelques mètres de moi et vice et versa. Je vois Yann Eliès partir juste devant moi alors que j’étais totalement à l’arrêt, bref le cauchemar alors qu’à l’Est ils prenaient l’avantage. Il faut être philosophe dans ces moments. J’ai ensuite subi jusqu’à l’arrivée. » 

Dimanche, départ de la deuxième étape entre Kinsale et la Baie de Morlaix, 615 milles au programme en passant notamment par l’île de Man en mer d’Irlande. 

Tbpress

© 2019 THOMAS RUYANT