Thomas Ruyant avec Advens et la Fondation de la Mer sur la Solitaire URGO Le Figaro 2019

Retour sur l'étape 3: Roscoff - Roscoff

Navigo ergo sum.

15ème de la décoiffante étape à rebondissements au départ et à l’arrivée de la baie de Morlaix, Thomas Ruyant, désormais 40ème au classement général provisoire, avant la quatrième et ultime étape de dimanche prochain, se montre nullement marqué par l’accumulation des coups du sort et autres croches pieds météos qui scande cette historique édition de La Solitaire. Il affiche au contraire le visage un peu amusé d’un enfant éternellement émerveillé par le perpétuel renouvellement des histoires de mer et de marins. La 50ème édition de la Solitaire Urgo Le Figaro, avec son plateau éblouissant de stars, ses parcours à chaque fois marqués du sceau de l’improbable et de l’inimaginable, sa dureté qui bouscule les plus endurcis, les déceptions qu’elle génère, ses joies fugitives, replongent au terme de chaque étape le skipper d’Advens - Fondation de la mer au coeur de sa passion pour cette vie de marin à la solitude bourrée de vicissitudes. « La Solitaire est ingrate » lâche-t’il dans un sourire. « Mais je navigue, je progresse… et cela suffit à mon bonheur… »

La Solitaire est impitoyable !
Peut-on vraiment échapper tout à fait au projet d’une vie, celui de construire un voilier prototype capable de vous laisser espérer le meilleur sur l’Everest de la course au large, le Vendée Globe. « Certainement pas ! » répond avec assurance Thomas Ruyant. « Il suffit d’observer les résultats des marins, même les plus renommées, qui comme moi « ont un Imoca sur le feu ». La Solitaire demande, réclame, exige un investissement sans pause et dans la durée. On y bataille en permanence, à tous les niveaux. Et particulièrement cette année où on se trouve à régater bord à bord avec des légendes de la voile, parfois dans les profondeurs du classement. Oui, on peut bien naviguer, et j’ai vu nombre de mes congénères briller de mille et un coups géniaux, pour le gain d’une 30ème place. La Solitaire est impitoyable. Encore plus quand la météo s’en mêle. Et le petit temps qui préside à cette 50ème édition, plaquée sur un parcours que l’on savait miné d’effets de courants, a provoqué le scenario mémorable que l’on vient de vivre. Plus inquiétant peut-être, par rapport à un bateau indéniablement plus « fun » que le Figaro 2, avec des performances tout à fait intéressantes, ce phénomène des algues prises dans la quille et dont on ne parvient à se défaire qu’en plongeant, tant la finesse et l’angle de la quille empêchent de s’en libérer autrement qu’en les arrachant à mains nues. Sur le plan humain, on atteint des niveaux de fatigue extrêmes. J’ai grappillé de ci et de là quelques dizaines de minutes, pour me réveiller à plusieurs reprises le nez dans mon clavier d’ordinateur… »

Naviguer détaché…
« Mais je suis content de cette Solitaire. Je continue d’apprendre sur moi-même, sur les autres aussi, dont j’observe les comportements dans cette immense flotte. Je suis loin d’avoir la maîtrise totale du support. Il faudrait m’y consacrer à 101 %, et je n’ai pas que le Figaro en tête. Alors je prends avec bonheur ce qui s’offre à moi, le plaisir d’être en mer, seul avec mon bateau, et un seul motto, « naviguer détaché… »

Tbpress Denis Van Den Brink Advens Fondation de la Mer La Solitaire URGO Le Figaro Région Hauts-de-France

 

 

 

© 2019 THOMAS RUYANT